Today | News | Books | Recipes Adventure | Science Fiction | Ghost stories | Poetry | Children | History Le comte de Monte-Cristo, Tome IThe Project Gutenberg eBook of Le comte de Monte-Cristo, Tome I This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook. Title: Le comte de Monte-Cristo, Tome I Author: Alexandre Dumas Auguste Maquet Release date: March 15, 2006 [eBook #17989] Most recently updated: July 14, 2026 Language: French Other information and formats: www.gutenberg.org/ebooks/17989 Credits: Chuck Greif and www.ebooksgratuits.com *** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LE COMTE DE MONTE-CRISTO, TOME I *** LE COMTE DE MONTE-CRISTO Alexandre Dumas Tome I (1845-1846) Table des matières Alexandre Dumas I Marseille.--L'arrivée. II Le père et le fils. III Les Catalans. IV Complot. V Le repas des fiançailles. VI Le substitut du procureur du roi. VII L'interrogatoire. VIII Le château d'If. IX Le soir des fiançailles. X Le petit cabinet des Tuileries. XI L'Ogre de Corse. XII Le père et le fils. XIII Les Cent-Jours. XIV Le prisonnier furieux et le prisonnier fou. XV Le numéro 34 et le numéro 27. XVI Un savant italien. XVII La chambre de l'abbé. XVIII Le trésor. XIX Le troisième accès. XX Le cimetière du château d'If. XXI L'île de Tiboulen. XXII Les contrebandiers. XXIII L'île de Monte-Cristo. XXIV Éblouissement. XXV L'inconnu. XXVI L'auberge du pont du Gard. XXVII Le récit. XXVIII Les registres des prisons. XXIX La maison Morrel. XXX Le cinq septembre. XXXI Italie.--Simbad le marin. I Marseille.--L'arrivée. Le 24 février 1815, la vigie de Notre-Dame de la Garde signala le trois-mâts le _Pharaon_, venant de Smyrne, Trieste et Naples. Comme d'habitude, un pilote côtier partit aussitôt du port, rasa le château d'If, et alla aborder le navire entre le cap de Morgion et l'île de Rion. Aussitôt, comme d'habitude encore, la plate-forme du fort Saint-Jean s'était couverte de curieux; car c'est toujours une grande affaire à Marseille que l'arrivée d'un bâtiment, surtout quand ce bâtiment, comme le _Pharaon_, a été construit, gréé, arrimé sur les chantiers de la vieille Phocée, et appartient à un armateur de la ville. Cependant ce bâtiment s'avançait; il avait heureusement franchi le détroit que quelque secousse volcanique a creusé entre l'île de Calasareigne et l'île de Jaros; il avait doublé Pomègue, et il s'avançait sous ses trois huniers, son grand foc et sa brigantine, mais si lentement et d'une allure si triste, que les curieux, avec cet instinct qui pressent un malheur, se demandaient quel accident pouvait être arrivé à bord. Néanmoins les experts en navigation reconnaissaient que si un accident était arrivé, ce ne pouvait être au bâtiment lui-même; car il s'avançait dans toutes les conditions d'un navire parfaitement gouverné: son ancre était en mouillage, ses haubans de beaupré décrochés; et près du pilote, qui s'apprêtait à diriger le _Pharaon_ par l'étroite entrée du port de Marseille, était un jeune homme au geste rapide et à l'oeil actif, qui surveillait chaque mouvement du navire et répétait chaque ordre du pilote. La vague inquiétude qui planait sur la foule avait particulièrement atteint un des spectateurs de l'esplanade de Saint-Jean, de sorte qu'il ne put attendre l'entrée du bâtiment dans le port; il sauta dans une petite barque et ordonna de ramer au-devant du _Pharaon_, qu'il atteignit en face de l'anse de la Réserve. En voyant venir cet homme, le jeune marin quitta son poste à côté du pilote, et vint, le chapeau à la main, s'appuyer à la muraille du bâtiment. C'était un jeune homme de dix-huit à vingt ans, grand, svelte, avec de beaux yeux noirs et des cheveux d'ébène; il y avait dans toute sa personne cet air calme et de résolution particulier aux hommes habitués depuis leur enfance à lutter avec le danger. «Ah! c'est vous, Dantès! cria l'homme à la barque; qu'est-il donc arrivé, et pourquoi cet air de tristesse répandu sur tout votre bord? --Un grand malheur, monsieur Morrel! répondit le jeune homme, un grand malheur, pour moi surtout: à la hauteur de Civita-Vecchia, nous avons perdu ce brave capitaine Leclère. --Et le chargement? demanda vivement l'armateur. --Il est arrivé à bon port, monsieur Morrel, et je crois que vous serez content sous ce rapport; mais ce pauvre capitaine Leclère.... --Que lui est-il donc arrivé? demanda l'armateur d'un air visiblement soulagé; que lui est-il donc arrivé, à ce brave capitaine? --Il est mort. --Tombé à la mer? --Non, monsieur; mort d'une fièvre cérébrale, au milieu d'horribles souffrances.» Puis, se retournant vers ses hommes: «Holà hé! dit-il, chacun à son poste pour le mouillage!» L'équipage obéit. Au même instant, les huit ou dix matelots qui le composaient s'élancèrent les uns sur les écoutes, les autres sur les bras, les autres aux drisses, les autres aux hallebas des focs, enfin les autres aux cargues des voiles. Le jeune marin jeta un coup d'oeil nonchalant sur ce commencement de manoeuvre, et, voyant que ses ordres allaient s'exécuter, il revint à son interlocuteur. «Et comment ce malheur est-il donc arrivé? continua l'armateur, reprenant la conversation où le jeune marin l'avait quittée. --Mon Dieu, monsieur, de la façon la plus imprévue: après une longue conversation avec le commandant du port, le capitaine Leclère quitta Naples fort agité; au bout de vingt-quatre heures, la fièvre le prit; trois jours après, il était mort.... «Nous lui avons fait les funérailles ordinaires, et il repose, décemment enveloppé dans un hamac, avec un boulet de trente-six aux pieds et un à la tête, à la hauteur de l'île d'El Giglio. Nous rapportons à sa veuve sa croix d'honneur et son épée. C'était bien la peine, continua le jeune homme avec un sourire mélancolique, de faire dix ans la guerre aux Anglais pour en arriver à mourir, comme tout le monde, dans son lit. --Dame! que voulez-vous, monsieur Edmond, reprit l'armateur qui paraissait se consoler de plus en plus, nous sommes tous mortels, et il faut bien que les anciens fassent place aux nouveaux, sans cela il n'y aurait pas d'avancement; et du moment que vous m'assurez que la cargaison.... --Est en bon état, monsieur Morrel, je vous en réponds. Voici un voyage que je vous donne le conseil de ne point escompter pour 25.000 francs de bénéfice.» Puis, comme on venait de dépasser la tour ronde: «Range à carguer les voiles de hune, le foc et la brigantine! cria le jeune marin; faites penaud!» L'ordre s'exécuta avec presque autant de promptitude que sur un bâtiment de guerre. «Amène et cargue partout!» Au dernier commandemen |