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De la terre à la lune, trajet direct en 97 heures 20 minutes

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The Project Gutenberg eBook of De la terre à la lune, trajet direct en 97 heures 20 minutes
 
This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and
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whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms
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before using this eBook.

Title: De la terre à la lune, trajet direct en 97 heures 20 minutes

Author: Jules Verne

Illustrator: H. de Montaut

 
Release date: January 25, 2012 [eBook #38674]
 Most recently updated: January 8, 2021

Language: French

Other information and formats: www.gutenberg.org/ebooks/38674

Credits: Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed
 Proofreading Team at https://www.pgdp.net (This file was
 produced from images generously made available by The
 Internet Archive/Canadian Libraries)

*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK DE LA TERRE À LA LUNE, TRAJET DIRECT EN 97 HEURES 20 MINUTES ***

Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed
Proofreading Team at https://www.pgdp.net (This file was
produced from images generously made available by The
Internet Archive/Canadian Libraries)

 Au lecteur

 Cette version électronique reproduit dans son intégralité
 la version originale.

 La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques corrections
 mineures.

 L'orthographe a été conservée. Seuls quelques mots ont été modifiés.
 La liste des modifications se trouve à la fin du texte.

 L'abréviation du mot «Compagnie», qui dans le texte est «C exposant e»
 a été remplacée par Cie.

 DE LA TERRE
 A LA LUNE

 Paris.--Imp. GAUTHIER-VILLARS, 55, quai des Grands-Augustins.

 (LES VOYAGES EXTRAORDINAIRES)
 _couronnés par l'Académie française_

 DE LA TERRE A LA LUNE

 TRAJET DIRECT
 EN 97 HEURES 20 MINUTES

 PAR

 JULES VERNE

 _41 Dessins et une Carte par De Montaut_

 [Illustration]

 BIBLIOTHÈQUE
 _D'ÉDUCATION ET DE RÉCRÉATION_

 J. HETZEL ET Cie, 18, RUE JACOB
 PARIS

 Tout droits de traduction et de reproduction réservés.

--JULES VERNE--

[Illustration]

DE LA TERRE A LA LUNE

CHAPITRE PREMIER

LE GUN-CLUB.

Pendant la guerre fédérale des États-Unis, un nouveau club très-influent
s'établit dans la ville de Baltimore, en plein Maryland. On sait avec
quelle énergie l'instinct militaire se développa chez ce peuple
d'armateurs, de marchands et de mécaniciens. De simples négociants
enjambèrent leur comptoir pour s'improviser capitaines, colonels,
généraux, sans avoir passé par les écoles d'application de
West-Point[1]; ils égalèrent bientôt dans «l'art de la guerre» leurs
collègues du vieux continent, et comme eux ils remportèrent des
victoires à force de prodiguer les boulets, les millions et les hommes.

 [1] École militaire des États-Unis.

Mais en quoi les Américains surpassèrent singulièrement les Européens?
ce fut dans la science de la balistique. Non que leurs armes
atteignissent un plus haut degré de perfection, mais elles offrirent des
dimensions inusitées, et eurent par conséquent des portées inconnues
jusqu'alors. En fait de tirs rasants, plongeants ou de plein fouet, de
feux d'écharpe, d'enfilade ou de revers, les Anglais, les Français, les
Prussiens, n'ont plus rien à apprendre; mais leurs canons, leurs
obusiers, leurs mortiers ne sont que des pistolets de poche auprès des
formidables engins de l'artillerie américaine.

Ceci ne doit étonner personne. Les Yankees, ces premiers mécaniciens du
monde, sont ingénieurs, comme les Italiens sont musiciens et les
Allemands métaphysiciens,--de naissance. Rien de plus naturel, dès lors,
que de les voir apporter dans la science de la balistique leur
audacieuse ingéniosité. De là ces canons gigantesques, beaucoup moins
utiles que les machines à coudre, mais aussi étonnants et encore plus
admirés. On connaît en ce genre les merveilles de Parrott, de Dahlgreen,
de Rodman. Les Armstrong, les Palliser et les Treuille de Beaulieu
n'eurent plus qu'à s'incliner devant leurs rivaux d'outre-mer.

Donc, pendant cette terrible lutte des Nordistes et des Sudistes, les
artilleurs tinrent le haut du pavé; les journaux de l'Union célébraient
leurs inventions avec enthousiasme, et il n'était si mince marchand, si
naïf «booby»[2], qui ne se cassât jour et nuit la tête à calculer des
trajectoires insensées.

 [2] Badaud.

Or, quand un Américain a une idée, il cherche un second Américain qui la
partage. Sont-ils trois, ils élisent un président et deux secrétaires.
Quatre, ils nomment un archiviste, et le bureau fonctionne. Cinq, ils se
convoquent en assemblée générale, et le club est constitué. Ainsi
arriva-t-il à Baltimore. Le premier qui inventa un nouveau canon
s'associa avec le premier qui le fondit et le premier qui le fora. Tel
fut le noyau du Gun-Club[3]. Un mois après sa formation, il comptait
dix-huit cent trente-trois membres effectifs et trente mille cinq cent
soixante-quinze membres correspondants.

 [3] Littéralement «Club-Canon.»

Une condition _sine qua non_ était imposée à toute personne qui voulait
entrer dans l'association, la condition d'avoir imaginé ou, tout au
moins, perfectionné un canon; à défaut de canon, une arme à feu
quelconque. Mais, pour tout dire, les inventeurs de revolvers à quinze
coups, de carabines pivotantes ou de sabres-pistolets ne jouissaient
pas d'une grande considération. Les artilleurs les primaient en toute
circonstance.

«L'estime qu'ils obtiennent, dit un jour un des plus savants orateurs du
Gun-Club, est proportionnelle «aux masses» de leur canon, et «en raison
directe du carré des distances» atteintes par leurs projectiles!»

Un peu plus, c'était la loi de Newton sur la gravitation universelle
transportée dans l'ordre moral.

Le Gun-Club fondé, on se figure aisément ce que produisit en ce genre le
génie inventif des Américains. Les engins de guerre prirent des
proportions colossales, et les projectiles allèrent, au-delà des limites
permises, couper en deux les promeneurs inoffensifs. Toutes ces
inventions laissèrent loin derrière elles les timides instruments de
l'artillerie européenne. Qu'on en juge par les chiffres suivants.

Jadis, «au bon temps,» un boulet de trente-six, à une distance de trois
cents pieds, traversait trente-six chevaux pris de flanc et
soixante-huit hommes. C'était l'enfance de l'art. Depuis lors, les
projectiles ont fait du chemin. Le canon Rodman, qui portait à sept
milles[4] un boulet pesant une demi-tonne[5], aurait facilement renversé
cent cinquante chevaux et trois cents hommes. Il fut même question au
Gun-Club d'en faire une épreuve solennelle. Mais, si les chevaux
consentirent à tenter l'expérience, les hommes firent malheureusement
défaut.

 [4] Le mille vaut 1,609 mèt. 

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